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La femme marocaine entre traditions et modérnité

La femme marocaine entre traditions et modérnité

Quand à la femme marocaine mariée, son aliénation économique est totale, dans les faits, bien plus que dans le droit. Mais ce sont les faits qui nous intéressent … En droit, en effet la femme peut disposer de ses gains, mieux, elle n’est pas tenue de participer aux frais familiaux. Elle conserve dans le mariage la possession de son avoir personnel et la veuve jouit d’un usufruit légal des biens de son époux décédé ou de la descendance de celui-ci. En droit, la femme marocaine jouit du droit de vote. Elle est proclamée politiquement l’égale de l’homme … La difficulté est de faire la distinction entre le droit et son application. Il faut noter que, dans l’ensemble, les femmes marocaines ne connaissent pas leurs droits. Qui les leur indiquerait? Que lorsqu’elles les connaissent, ces droits leur sont présentés, bien souvent, comme mauvais et encore plus souvent comme inapplicables aux cas en question. Qui soutiendrait la valeur du droit en face de la tradition et du fait? Si bien qu’il faut admettre, croyons-nous, qu’économiquement, l’aliénation de la femme, au moins dans les couches extérieures à la bourgeoisie traditionnelle ou à la néo bourgeoisie, est presque totale. Comment en serait-il autrement d’ailleurs dans un pays où chacun, bien souvent, ne peut, économiquement parlant, que tenter de survivre au jour le jour ? Aliénation générale, mais accrue, en ce qui concerne la femme, d’une dépendance quasi absolue vis-à-vis du mari. Nous dirons, cependant, que cette situation économique de la femme Marocaine ne nous semble pas particulièrement significative (6).

C’est surtout sur le plan psychologique et sur le plan social que la libération de la femme est à accomplir au Maroc. Comment poser la question sur le plan psychologique et psycho-physiologique ? Nous ne reviendrons pas sur la place que l’Islam, quand il n’est pas déformé et utilisé à des fins autres que religieuses, accorde à la femme. Psychologiquement, ce serait une première désaliénation que d’exposer à la fille, lors de son éducation, un Islam purifié des distorsions introduites par les siècles. Car autant que par la contrainte sociale, c’est par l’aliénation religieuse, sur la base de fausses interprétations du Livre, que la femme est, dès sa jeunesse, emprisonnée dans un lacis d’interdits et de tabous.

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